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Articles avec #les vieux metiers tag

Le vieux métier de cordier ou la vie d'une corderie artisanale à Thiviers

Publié le par Nadina

DSCN8730

Et dire que j'ai passé tant d'années aussi près sans en soupçonner l'existence !!! Grâce à Anne, j'ai pu rencontrer Anita qui a repris l'atelier de M. Maneix depuis 2012.

Et Anita fabrique des cordes . Sur le coup, je ne pensais certes pas trouver autant de ficelles et de cordages, de toute texture, de toute couleur ...

DSCN8712  DSCN8713

 

Le métier de cordier remonte au moins au moyen-âge puisque des traces de leur corporation ont été retrouvées en 1394.

 

 

Les premiers utilisateurs ont été les marins ce qui explique la présence de corderies près des côtes. En 1672, la Corderie Royale de Rochefort est édifiée sous l'impulsion de Colbert.

 

 

DSCN0637  Les cordages de l'Hermione à Rochefort

   

La corderie Artisanale de Thiviers a vu le jour grâce au frères Casteix au début du siècle dernier  . M. Maneix leur a succédé et maintenant c'est Anita Bocquier, suite à un coup de coeur, qui a relevé le défi de continuer à la faire vivre .

DSCN8737 

Anita.jpg

 

 Beaucoup de cordiers travaillaient dans leur village car les agriculteurs étaient et sont très demandeurs de cordes. Ils en ont besoin pour les bêtes, pour limiter les champs ou encore de ficelles pour les bottes de blé .

 

L'usage de corde ne s'arrête cependant pas là ! Les bateaux, les balançoires, les poignées des cercueils destinés à la crémation n'en sont qu'un petit exemple. Vous utilisez certainement de la ficelle aussi en cuisine ! Mais aussi des sangles, des longes, des câbles  ...

 

 

 

 

Donc, passez aux choses un peu plus techniques !

Les matériaux les plus utilisés sont le chanvre, le sisal, le lin, le tilleul et le crin. Ici, Anita emploie du chanvre, du sisal et du polypropylène.

L'installation consiste en une plaque pourvue de 4 crochets ici, des rateaux et un seul crochet à l'autre extrémité . Il faut tout d'abord faire une boucle sur un des crochets et c'est parti : Anita part à l'autre bout faire passer le fil puis revient passer sur un autre crochet et ainsi de suite . Dans le temps, la torsion des fils était obtenue grâce à une manivelle actionnée au niveau des 4 crochets.Aujourd'hui, cette manipulation est électrique .

 

 

DSCN8720  Les 4 crochets

 

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Le principe est de produire un toron c'est-à-dire la réunion de plusieurs fils par torsion puis plusieurs torons pour obtenir une corde (en principe 3 ou 4 pour une corde courante).

 

DSCN8739  Ici 3 torons

L'atelier doit être de bonne longueur pour fabriquer des cordes plus ou moins longues . Il ressemble à un grand couloir et à la corderie Bocquier, Anita parcourt parfois en vélo toute sa longueur soit 130 m . Nul besoin de dire que certains jours, les 15 kms sont fait !!

 

 

 

Anita positionne un toupin sur les fils, sorte d'appareil en bois et disposant de  4 rainures. Et là est tout l'art du métier et la première corde s'est formée sans que j'ai pu voir quelque chose, vu la rapidité !!

 

DSCN8727 

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Le toupin

Une fois les paires de fils torsadés, Anita avance avec le toupin jusqu'à la plaque des 4 crochets  

DSCN8725  et voilà la résultat!

 

Bon et bien, la corde faite, il faut arrêter tout ça  sous peine de la voir  se dénouer . Anita rassemble donc tous les torons sur un seul crochet et nous sort un autre appareil, un épissoir, sorte de gouge qui va lui perrmettre de passer les fils les uns après les autres, de les rentrer et ce, entre 3 et 5 fois suivant l'usage demandé. 

 

DSCN8744

Pour bloquer définitivement la corde ensuite, elle la cautérise en la coupant.

DSCN8746

 

DSCN8747

 

 

 

 

Un autre petit détail : pour les grands cordages, les 130m ne sont pas de trop car il y a un petite perte. Pour avoir une corde de 10m, elle prend 15m de fil et forcément pour 100m de corde, les 130m sont là! 

 

 

DSCN8749 Anita prépare une autre corde, de plus grande longueur cette fois-ci  et utilise donc une partie de son 'couloir' . 

DSCN8750  Les fils passent dans le rateau, ce qui évite de les mélanger 

 

 

 

Le toupin mis en place et c'est partiDSCN8754

 La vitesse avec laquelle Anita passe avec le toupin donne le serrage de la corde: plus elle va vite, plus la corde est lâche et plus elle va lentement, plus la corde est très serrée.

 

De plus, sur ces grandes longueurs, la corde une fois fabriquée n'est pas immédiatement enroulée mais laissée un peu de côté et attachée sur les crochets pour qu'elle "boive le tors" cest-à-dire qu'elle accepte cette torsion. 

 

 

    DSCN8728.JPG

Pour fabriquer un rouleau de 100m de ce type, il faut 20mn.  

 

 

Mais passons maintenant à une autre utilisation des cordes.
Et c'est là que je vous présente Anne et voici le résultat de ces travaux:

corbeille bien trois quart 

 

 Et oui, des corbeilles et Anne en garde jalousement le secret . Elle habille la corde de tissu , coud, modèle et a même détourné les porte-clés d'Anita pour en faire des poignées . Il fallait y penser !!!

Allez donc jeter un oeil sur son site ( dans les liens ) et vous découvrirez son monde de corbeilles .... et aussi de littérature et tant qu'à faire sur l'Inde car Anne y a fait plusieurs séjours .

Je vous donne les coordonnées de la corderie  :

Corderie artisanale BOCQUIER Anita-1.jpg

Anita BOCQUIER

5, rue Edmond Michelet 24800 THIVIERS

05 53 55 29 96 ou 06 15 27 86 32

corderie.bocquier@sfr.fr

 et un lien dans la rubrique du même nom 

 

 

 

 

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Feuillardier

Publié le par Nadina

Il y a quelque temps, je vous avais présenté le dur métier de feuillardier .  Je ne vais donc pas reprendre mais vous présenter quelques photos d'un abri. Je viens de le découvrir au cours d'une randonnée aux alentours de La Roque Saint Christophe.

 

21-mars---Marche-La-Roque-St-Christophe--14-.JPG

C'est un abri uniquement destiné à y travailler. Le feuillardier habite dans sa ferme à côté.

 

21-mars---Marche-La-Roque-St-Christophe--16-.JPG

 

21-mars---Marche-La-Roque-St-Christophe--15-.JPG

 

Plazac---LD-La-Vallette---Feuillards.jpg

Ces paquets, prêts à partir sont destinés à la fabrication d'arceaux.Feuillards.jpg

Ils sont plats et quelle patience pour en arriver là!

 

 

21-mars---Marche-La-Roque-St-Christophe--17-.JPGLe résidu.

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Les petits métiers anciens : le marchand de peaux de lapin

Publié le par Nadina

 Jusqu'au siècle dernier, comme la marchande de paradis, on pouvait voir sur nos petites routes de campagne, des vélos....

Oui mais ces vélos avaient quelque chose de particulier !! Tout simplement, en regardant bien,  des peaux de lapin étaient étalées en travers sur le porte-bagage.

Le propriétaire de ce vélo , après avoir  acheté pour 10 ou 15 sous, les peaux dans les fermes,  faisaient le tour de nos contrées, pour vendre ces peaux et se faire quelques sous !!

En cette époque, les fermiers élevaient leurs propres volailles  ( bien sûr, il n'existait pas encore de supermarché ....) et bien souvent , le dimanche, on tuait une bête .

Selon l'épaisseur, la couleur, elles avaient une valeur différente.  Les peaux retournées, poil à l'intérieur étaient tendues et elles  séchaient  en attendant le passage du marchand de peaux! Les blanches étaient bien sûr plus prisées  et plus chères ! 

Il parait qu'on l'entendait arriver de loin car il 'braillait '  : "Peaux de lapin, peaux de lapin".

Mon beau-père se rappelle bien de ses petits bonhommes avec leurs peaux de lapin accrochées au vélo !!

Je n'ai pas de photos à vous joindre car effectivement, ce petit métier se retrouve dans d'autres contrées et je n'ai pas voulu que vous retrouviez les mêmes photos partout d'autant plus qu'il y en a peu ....

 

 

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Vieux métier : la marchande de paradis

Publié le par Nadina

  Residus-feuillardiers.jpg

 

  Mais qu'est-ce donc le paradis ???

Nous connaissons tous le Paradis avec un grand P mais .... 

 

Et bien, le paradis est tout simplement ce qui reste du châtaigner après les coupes, c'est-à-dire les copeaux et les écorces.

    L'article sur les feuillardiers vous en dira peut-être plus pour ceux qui ne l'auraient pas lu.

  Marchande de paradis

Photo : " Périgord-Quercy-Agenais" de Mrs Claude Bailhé et Jean Paul Malaval

Derrière eux passaient des femmes bien souvent qui ramassaient ce paradis et elles allaient le vendre en ville.

Au début du siècle dernier, les gens de la ville étaient bien contents de trouver ce paradis pour allumer leur feu et ces pauvres femmes essayaient de survivre avec ce qu'elles trouvaient.

 

 

 Feuillardiers.jpg

 

 

 

 

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Les charbonniers

Publié le par Nadina

Autrefois, la population rurale vivaient des ressources de la forêt dans le nord de la Dordogne, forêt principalement de châtaigniers.

Il est un métier qui n'existe plus guère aujourd'hui . Pourtant, vous vous servez en été surtout, de leurs produits finis  !

 

  Photo : http://aa1.designtemplates.org/stockphoto/background/materials/img10.htm

 

Ce sont les charbonniers, non parce qu'ils extraient du charbon ( ce seraient des mineurs) mais parce qu'ils fabriquent du charbon de bois. Nous en trouvons encore quelques uns du côté de Dussac. Dussac, pays du nord Dordogne, très vallonné et très boisé !!Et pays perdu dans le fond des bois !!

Ces hommes travaillaient dans les forêts de début mars jusqu'en novembre. Comme les carriers d'un précédent article, ils vivaient dans des cabanes de terres et de feuillages. Imaginez cette vie, bien difficile, non pas qu'ils étaient dans le froid mais surtout seuls!

Leurs visages étaient noircis par la fumée de charbon. Il fallait mettre le charbon encore chaud dans les sacs ! 

 

Voici comment était et est fabriqué le charbon de bois :

 

Dans les clairières, du petit bois était entassé autour d'un poteau central. Au pied, des petites brindilles étaient destinées à allumer le feu. Ensuite , des bouts de bois étaient placés verticalement et bien droit sans toutefois être enchevêtrés car les côtés de la meule devaient se consummer et tomber au centre. Le dôme tombait en dernier.

 

Charbonnier - fabrication meule 

La fabrication de la meule - Photo Creative Commons - Pastorius

Cette meule de bois pouvait représenter jusqu'à 12 ou 14 stères et mesurait entre 1.50 et 2m.

Une fois le bois positionné, de la terre et de la mousse recouvraient cette meule. Sa forme arrondie lui a valu le nom de ' dos de tortue'.

Charbonnier - Intérieur meule 

L'intérieur de la meule - Photo : Creative Commons

La meule était ensuite allumée, tôt le matin. Le charbonnier enlevait alors le poteau central, jetait à son emplacement des braises et rebouchait le 'conduit' avec un pieu.

Charbonnier - la combustion 

La combustion - Photo : Creative Commons

 

Entre 36 et 48 h étaient nécessaires pour la combustion du bois , temps où le charbonnier devait surveiller sa meule. Une fois celle-ci effectuée, ils en retiraient une vingtaine de sacs de 10 décalitres de charbon de bois .

 

Charbonnier - ouverture meule 

La fin de la combustion - Photo : Creative Commons

  A l'heure d'aujourd'hui, les machines ont  remplacé  cette main d'oeuvre . Toutefois, j'ai trouvé ce jeune homme de 24 ans . Il n'est pas de Dordogne certes mais de l'Aube mais a cependant bien le mérite de fabriquer encore du charbon de bois, même si les conditions ne sont plus les mêmes: C'est Johann le charbonnier . Si vous visitez son site, il vous expliquera toutes les étapes de la fabrication.

http://johann-le-charbonnier.jmdo.com

Et aussi cet étonnant reportage photo de M. Guegan, breton et dont les parents étaient charbonniers :

http://souvenirs-jg.eklablog.com/metier-d-autrefois-le-charbonnier-a47373860

  Maintenant, près de Dussac, les machines ont remplacé aussi l'homme et ma machine va vous permettre de visionner la carbonisation à l'heure actuelle par l'entreprise Rousseau à Dussac : 

  http://www.rousseau24.com/carbonisation_film.html

 

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Le métier difficile de feuillardiers

Publié le par Nadina

Le bois de châtaignier est à l'origine de ce métier, apparu vers 1850. Ce vieux métier ne se retrouve plus guère et il était exercé en Limousin et dans le nord de la Dordogne.

Les feuillardiers travaillaient pour des propriétaires forestiers. Ils exercent dans les forêts, coupant des jeunes barres de châtaigniers, de 8 à 10 ans , qui poussent autour du tronc ( le cep) , une fois celui-ci abattu . On dit qu'ils poussent en cépées .

 

Cépée

 

 Image 'Jardiniers d'art'

 

 

Ces tiges sont appelées  feuillards car elles ne donnent que des feuilles et pas de châtaignes . Ils abattaient à la hache ces barres qui étaient ensuite ébranchéesà la serpe et entassées à intervalles réguliers .

Elles étaient écorcées pour la confection de piquets ou de lattes. Le bois non écorcé était fendu en 2  et servait pour le cerclage des barriques ou la fabrication de panier à crustacé .

Travail difficile et toujours en extérieur pour ces feuillardiers !!!

Ils devaient préparer les nouvelles cépées, tailler, entretenir .

Ils étaient payés à la pièce ou au mille feuillards produits .

Ils se construisaient un cabane, la loge du feuillardier, qui lui servait d'abri, où ils pouvaient prendre leurs repas. La charpente était constituée de barres de châtaigniers entrelacées et courbées en 1/2 cercle. Elle était recouverte ensuite de longs copeaux de bois .

Maison feuillardierPhoto 'Chataigniers en Limousin' 

Il leur arrivait aussi d'y dormir si leur domicile était trop éloigné . Ils étaient sur leur 'chantier'  d'octobre à mai . Ensuite, pendant l'été, ils travaillaient sur leur lopin de terre ou comme ouvrier dans les tuileries voisines .

Maison feuillardier - intérieur Photo 'Chataigniers en Limousin'  

 

Dès 1896, ils se rassemblèrent en un syndicat et entre 1901 et 1936, plusieurs grèves eurent lieu. Ils étaient au nombre de 1280 en 1906 . Au début de la 2ème guerre mondiale, ils n'étaient plus que 800.

 

19 octobre (4)  Photo de mon jardin

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Etre carrier à Paussac et Saint Vivien à la carrière Constant !

Publié le par Nadina

Et oui, je passe du fer forgé à la pierre et me voici à la porte d'une carrière assez surprenante aux premiers regards car  de belles sculptures semblent m' ouvrir le chemin jusqu'à M. Constant, chef de cette entreprise .

 

Sculptures de E. Ashby (6)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La carrière Constant

 

Il existe deux types de carrières : 
-  celle de pierre de taille , qui elle-même se divise en deux :
    * à ciel ouvert 
   *  souterraine

- à granulats

                                                                                                                                                                                                                                

 

La carrière Constant est une carrière  de pierre de taille, de calcaire turonien ( qui date du crétacé supérieur et âgé de presque 100 millions d'années ), qui débite 3800 m3  par an .

Nous trouverons ici deux types de calcaire: du fin et du coquillière , c'est-à-dire qui renferme des coquillages fossilisés .

 

Calcaire fin avec une lève (2)

 

 

Calcaire coquillière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le calcaire fin , ici d'ailleurs avec une lève que
  nous apercevons au milieu.
Il est pratiquement  blanc.

 

                                                                                                                       Le calcaire coquillière . Celui-ci tire plus sur l'ivoire
                                                                                                                                                   ou coquille d'oeuf .

 

 

La famille Constant exploite cette carrière  depuis plus de 150 ans et M. Constant est la 7ème génération  de carrier.

C'est lui qui va me plonger au coeur de la carrière et me faire découvrir son entreprise !!!

 

 

Outre M. Constant et une secrétaire, 9 ouvriers occupent  différents postes :

 - Le premier est le carrier à l'extraction  . Celle-ci se fait à l'aide d'une haveuse qui trace et taille des blocs de 3m
  sur 2.40m  . Elle fonctionne avec une énorme chaîne  au carbure de tungstène et avance à 9m à l'heure .

Les haveuses

 

 

 

 

 Les blocs sont traçés .

 

Les haveuses (2)

 

 

 

 

 

 

 

 
  Je la  comparerai à une  énorme tronçonneuse sur rail. Un bloc , en règle générale, mesure 1.60 x 1.30 x 1.05 
   ce qui nous donne un poids de 5 tonnes !!  En demande spéciale, ils peuvent atteindre 18 tonnes à l'unité .

Certaines haveuses  peuvent tailler horizontalement et verticalement.

 

Les haveuses (4)

 

 

 

 

 

Celle-ci va couper le bloc en dessous et en biais, comme une tranche de pain ou saucisson qui ne sont pas coupés droit !!

 

 

 La taille se fait suivant le lit de la pierre, c'est-à-dire le sens
où les sédiments se sont déposés .

 

 

 

 

- Le second poste ou plutôt les postes correspondent aux postes sur débiteuse, où sont retaillés les blocs .Et il y a
  4 disques et une guillotine :

 

La guillotine

 

 

   * La guillotine, peut couper des blocs les plus importants ,
      de 1.65m de longueur.

 

 

 

 

 

 

 

 

La 1ère débiteuse

 

   * La 1ère débiteuse est un énorme disque diamant ,
       machine française datant de 1964 reconditionnée
      ( d'où certaines  difficultés pour le remplacement des pièces ) .


       Elle coupe des blocs de 1.05m de longueur .

 

       M. Constant ici à droite sur la photo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La 2ème débiteuse

 

 

 

 

 

  *  La 2ème débiteuse à disque  coupe des plateaux de 0.52m

       mais taille aussi  à la demande.

 

 

 

 

 

 

 

La 3ème débiteuse

 

 

 

  *  La 3ème est automatisée , travaille plus lentement 
    et peut travailler la nuit .

 

 

 

 

 

 

 

 

 La 4ème débiteuse

  *  La 4ème est informatisée . Le dessin est donnée à la
      machine sous forme de disquette .
      Ce travail permet   de répondre rapidement à des 
       grosses demandes  ou en nombre , telles 
      des balustrades par exemple .

 

 

 Les débiteuses à disque diamant ont besoin d'eau pour éviter une surchauffe du disque, contrairement aux chaînes au tungstène qui fonctionne à sec .

 

Cette eau  est simplement de l'eau de pluie récupérée et accumulée dans des bassins.

Un bassin

 

 

 

- Le dernier poste correspond à la taille plus affinée ou à l'unité .  Atelier taille (2)Deux ouvriers sont sur ce dernier dont un Compagnon du Devoir.

 

 

 

De l'extraction à la taille, nous descendons progressivement en grosseur de bloc  et le travail est de plus en plus affiné.

 

 

 

Atelier-taille-copie-1.JPG

 

 

 

 

 

 Ici, ce bloc a été traçé et la taille est commencée . C'est un
des éléments d'une voute .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il existe cependant des défauts dans la pierre:

 - un défaut horizontal, appelé  "une lève", correspond à la superposition des couches de sédiments
   et à une cassure  dans la pierre , Une lève

 A certains endroits, les lèves forment même des vagues. Autrefois, les anciens se servaient de ces lèves pour casser les blocs . Une corde était positionnée dessus puis à l'aide de boeufs, ils tiraient , posaient des coins puis retiraient  et tout ça jusqu'à ce que le bloc tombe . Ils avaient tout de même pris la précaution de mettre des granulats, comme une litière, à l'endroit où le bloc était prétendu tombé de façon à ce qu'il n' abîme pas  .

 

- et un défaut vertical, appelé " un poil" , qui est une fissure verticale, due à la formation géologique.

 

Un poil

 

 

Un poil (2)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce poil traverse la carrière. Son point de départ se situe au niveau
du petit effondrement et on le retrouve à l'autre bout de la carrière
avec cette belle fissure !!

 

 


Il est bien évident que les  blocs ayant ces types de défaut vont  se casser  .

 

 

Toutes ces pierres finiront chez vous, chez moi, aux monuments historiques  car M. Constant fournit autant le public que le privé , en balustrades, colonnes, cheminées, fontaines, funéraire ...

 

Une carrière ne dépend pas des Bâtiments et Travaux Publics mais se trouve sous protection de l'environnement, dans les 'Mines et Carrières ' .

Une autorisation est nécessaire pour l'extraction et elle est renouvelable tous les 30 ans .  Et pendant 30 ans , toutes les 3 ou 4 semaines, un contrôleur vient vérifier le taux de poussière, le bruit ...

 

Il y a quelques années, un sculpteur , Edmund ASHBY,  amoureux de cette pierre, s'est installé ici et ses oeuvres  jalonnent le chemin qui mène de la route à la carrière proprement dite . Certaines ont été vendues, d'autres sont encore ici. La ville de Ribérac en a notamment acheté et elles sont visibles devant l'office de tourisme.

Sculptures de E. Ashby

 

 

Vieux camion de la carrièreEt voilà , je dis au revoir à ce vieux camion  qui a dû voir des tas et des tas de blocs  de pierre et aussi un grand merci à M. Constant, qui , avec des mots simples, a su m'expliquer son métier de carrier . Merci aussi à ces ouvriers, d'une grande politesse, qui m'ont autorisée à les prendre en photo.

 

Dans l'album photos, vous découvrirez d'autres photos sur la carrière .

 

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Un forgeron à Brantôme

Publié le par Nadina

 

Jérôme Créations,  Forge d'Art

 

 

J'ai découvert Jérôme en poussant une grille de fer  forgée grinçante et comme il dit lui-même : "c'est le cordonnier le plus mal chaussé" . En effet, Jérôme est forgeron et il a bien voulu m'expliquer sa passion .Jerome.jpg

Passion qui, d'ailleurs a commencé par le bois et non par le fer !!

 

Tout d'abord, il faut de l'acier, du charbon  et des outils . L'acier n'est pas un problème en Dordogne .
Soit, Jérôme a donc installé  sa forge au fond de son jardin .

 

La chaleur est apporté par du charbon de forge. Celui-ci correspond à de la houille . Il est plus cher à l'achat que du charbon de bois ou du charbon dit "de sidérurgie" .Mais il se consume moins vite et sa combustion permet d'obtenir des hautes températures , proche des 2000°. Le charbon de bois est moins cher mais se consume beaucoup plus vite. Quant au charbon dit de "sidérurgie", il a une durée de vie exceptionnelle mais est chargé de résidus métalliques, qui se déposent sur la forge et sont extrémement difficiles à enlever.

 

charbon de forgeCharbon de forge à gauche

 

 

Donc Jérôme allume  le charbon de forge. Il arrose d'eau régulièrement le pourtour  car il est inutile de faire brûler tout le charbon.

La forge - Arrosage du charbonUne fois la température désirée atteinte, une tige ronde de fer est déposée dans le feu.
La tige arrivée à une bonne température de chaufffe devient rouge et elle peut être travaillée. SI le fer est laissé trop longtemps, il devient blanc .

La forge - Travail du fer après chauffe

Il est nécessaire de la replonger plusieurs fois dans le feu mais attention trop  serait néfaste . En effet, le carbone du charbon risquerait  de se mélanger au métal ou alors le carbone de l'acier ressortirait  et celui-ci deviendrait trop mou pour être travaillé.

 

 

 

La forge - un gabarit (2)

 

 

 

 

 

 

          Le gabarit de volute

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 DSCN8818

 

 L'extrémité de la tige est tout d'abord enroulée, à l'aide d'une pince,  comme un escargot pour le démarrage de notre volute

La forge - Travail sur le fer - Enroulage

 

 

 

 

 

et ensuite insérée dans le gabarit . Jérôme va tout simplement forcer manuellement la tige à suivre le gabarit.

 

La forge - Travail sur le fer - Martelage

Un petit coup de martelage, une petite chauffe et nous voici arrivé au brossage.

La forge - Jérôme le brosse

 

 

Attention !!! Port des lunettes obligatoires !!!

 

La Forge - La courbe a été brossée

On distingue bien l'aspect brossé de la courbe et l'extrémité de la tige, restée à l'état naturel .

 

 

la maison et la fourmi

La fourmi

 

Jérôme fabrique des balustrades, des jardinières, des fauteuils  .... mais il a donné vie aussi à des animaux telle sa fourmi, qui semble surveiller sa maison !!!

 

 

BILD0181 

 

Si une envie de décoration en fer forgé vous prenait  , vous pourrez  trouver Jérôme CHARBONNEL  au 22, rue Carnot à Brantôme . Appelez d'abord au 06.59.45.21.24 ou par mail : aufildefer@gmail.com.

 

 

L'art de la fabrication du fer ne peut être maîtrisée en quelques lignes alors que près de 2000 ans ont été nécessaires à son développement !!

 

 

Je remercie Jérôme qui a bien voulu expliquer à une femme complètement ignare de l'acier, le maniement de sa forge !

D'autres photos des réalisations dans l'album "Le fer"

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L'atelier Eyraud et sa restauration de fauteuils

Publié le par Nadina

Et bien aujourd'hui, c'est l'atelier Eyraud qui m'a ouvert ses portes à Brantôme.DSCN8846
Bien aimablement, M. et Mme Eyraud ont pris le temps de m'expliquer  la réparation de chaises et de fauteuils.
Une passion  ce métier pour M. Eyraud !

 

Au moment où j'ai poussé la porte de leur petite échoppe, il dégarnissait un fauteuil, c'est-à -dire qu'il enlevait les clous et le tissu .

 Il faut tout d'abord soulever le clou  à l'aide d'un petit marteau sans abimer le bois bien sûr . Puis, avec un petit chasse-clou, il faut l'enlever.DSCN8826

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Le tissu est bien souvent agrafé  avec des agrafes qu'il faut aussi enlever  et quelquefois, sous le tissu des surprises apparaissent. Des morceaux de mousse serrés les uns contre les autres remplacent le bon vieux rembourrage qu'il aurait dû y avoir !!! Quelquefois , bien des surprises !!!!

 

 Bon !! M. Eyraud désosse le fauteuil, enlève tous ces vieux morceaux jusqu'à ce qu'il ne reste plus que l'ossature du fauteuil, chaise ou canapé .

 

 

DSCN8833

 

Là commence son vrai métier ! Il va d'abord traiter l'assise

en faisant un entrelaçage de bandes  de jute, c'est le sanglage .

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Il pose des ressorts qu'il faut fixer; d'un côté en les cousant sur les bandes de jute et de l'autre en cordant le dessus.

   

DSCN8837

 DSCN8838

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une garniture de crin est ensuite apposé sur les ressorts et une grosse toile recouvre le tout  qui est piquée tout autour .

 

 

La galette de crinDSCN8841

 

La toile est apposée sur le crin et cousue   DSCN8829

DSCN8830.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le tissu recouvre ensuite le tout .
Et la dernière  étape est le galonnage ou le cloutage . Du vrai cloutage et non pas des bandes de clous en plastique comme il est trouvé parfois sur  certains fauteuils fabriqués en usine !!!!DSCN8839

 

Pour un fauteuil style Voltaire, 2 jours sont nécessaires pour une restauration complète .DSCN8831

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

Outre les réparations de chaises, canapés ou fauteuils, l'atelier Eyraud expose et vend de magnifiques tapisseries des Flandres.



L'atelier Eyraud se trouve Quai Bertin à Brantôme - 05.53.05.78.97.

Un grand merci à M. et Mme EYRAUD  pour  votre accueil et votre amour du métier .



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