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La Dordogne et l'Alsace en 1939

Publié le par Nadina

Plaque-mairie-Strasbourg.jpg

 

Il faut trouver le lien entre ces 2 départements effectivement !!

Il est très simple et je vais partir du début .

Imaginez-vous le 1er septembre 1939 : La Pologne vient d'être envahie par les troupes nazies et une déclaration de guerre est faire au chancelier Hitler.
Les affiches pour la mobilisation générale sont collées partout !!

Mais il est une population entre la frontière allemande et la ligne Maginot, sur une bande de 20 kms qui vient de recevoir des ordres d'évacuation, ceci afin de la préserver d'une invasion allemande. Cette décision avait été prise en 1938 mais tenue secrète.

  carte_evacuation-Alsace.jpg

Évacuation de l'Alsace-Moselle en septembre 1939
Carte Matthieu Hilbert, 2005

Coll. L'Ami Hebdo

 

Vous allez me dire : ben oui mais que vient faire la Dordogne dans tout ça ???

Les Haut-Rhinois devaient se rendre dans les départements du Gers, des Landes et du Lot-et-Garonne et les Bas-Rhinois, de la Dordogne, l’Indre et la Haute-Vienne .

Et bien, tous ces départements possédaient de grands espaces, des grands immeubles et de belles fermes !

Et c'est ainsi que notre belle Dordogne est devenue terre d'accueil pour les Strasbourgeois et quelques 19 villages du Grand Ried.

Et le 2 septembre 1939, les réfugiés prirent la route avec seulement 30kg autorisé, laissant leurs maisons, leurs cultures, leurs bêtes et partant pour l'inconnu. Le voyage s'est fait dans de très mauvaises conditions, pour certains dans des wagons à bestiaux ( certains se rappellent " 40 hommes et 8 chevaux" placardés sur ces wagons ), pour d'autres à pied, en vélo ou encore en charrettes!

Il fut cependant difficile pour eux de s'adapter car leur vie en Alsace était relativement cossue et leur arrivée  dans ces habitations pour la plupart en ruines et inhabitables provoqua des émeutes .

La vie en campagne est complétement différente . Les bêtes vivent dehors ici et là-bas, elles sont en étable . La cuisine, non plus , n'est pas la même. une tarte à l'oignon d'un côté pour une soupe de carcasse de l'autre!

Les Alsaciens  parlent un dialecte, et les Périgordins les rapprochent des 'boches '. Et ils furent surnommés les 'yaya' !

La population de Périgueux, alors de 20 000 habitants , se vit presque doublée. Ces hommes et ces femmes, possédaient de l'argent, recevaient des allocations, tout au moins au début, et dépensaient donc dans les commerces périgourdins .

 

L'administration aussi fut ramenée à Périgueux mais faute de bureaux décents, fut répartie dans tout le département .
Thiviers, Brantôme et autres petites villes ont vu fleurir les bureaux de l'administration municipale .

A cette époque, un bébé strasbourgeois naissait par jour à Périgueux . L'hopîtal de Strasbourg était même venu s'implanter à Clairvivre. 

A l'armistice, le 22 juin 1940, les rapatriés eurent le cruel dilemne du retour au pays ou non. 

'L’armistice du 22 juin 1940 est une convention signée entre le représentant du 3è Reich allemand et celui du gouvernement français de Pétain. Elle permettait de mettre fin aux hostilités ouvertes par la déclaration de guerre du 3 septembre 1939 et d'établir les conditions de l'occupation allemande de la France, le sort des personnes capturées, déplacées ou occupées, la neutralisation des forces françaises, et le paiement de compensations économiques à l'Allemagne'.Wikipédia

La ligne de démarcation est le résultat de cette convention séparant ainsi la France en 2, la zone occupée par l'armée allemande et la zone 'libre'. 

Certains rentrèrent à Strasbourg, non convaincus de leur nouvelle vie . Un certain nombre restèrent ( à peu près 20%) et s'implantèrent en Dordogne.

 Pour ceux qui choisirent de rentrer, ils trouvèrent un Strasbourg désertique et pavoisé de drapeaux nazis et les subirent encore 4 ans. Ils durent saluer la croix allemande et c'est à cette époque aussi que naquirent les "malgré-nous", ceux qui furent enrolés de force dans l'armée allemande.  

 Des suites de cet événement historique, qui a profondément marqué les populations des deux villes, naît un protocole, celui des « villes sœurs », signé en 1984 entre les deux cités.

La plaque en début d'article est  visible au 2 de la rue Voltaire à Périgueux.

Je n'ai pu trouver et lire que des passages  mais je pense que ces écrits reflètent vraiment ce qu'il a vécu à cette période : Fernand Klethi, Mon enfance en Alsace annexée.

Je vous donne aussi 2 sites que j'ai trouvé très intéressants :

- Mémoires de  Charles Altorffer : ' Au service des réfugiés alsaciens dans le sud-ouest (1939/1945)':

 http://judaisme.sdv.fr/perso/philosem/altorf

- http://archives.strasbourg.fr/expoEVAC_001011.pdf

 

Commenter cet article

how to stop snoring 06/05/2014 12:21

i appreciate the sharing you have made here about the people and the country during the era 1930's and this is reliable and very interesting. i am impressed by the share you have here titled DORDOGNE AND ALSACE IN 1939 and i will visit again.

Nadina 06/05/2014 14:39

I speak english !! ok !! but it will be simply for me you write in franch. Thanks!

ANNE 21/06/2013 12:13


comme toujorus , un article super documenté!! J'ai rencontré beaucoup de gens qui étaient ainsi passés en Périgord, y revenaient avec émotion......................