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Le Bournat ( lo bornat ) autrement dit la ruche

Publié le par Nadina

Photo prise à La Miellerie du Périgord à Thiviers

Photo prise à La Miellerie du Périgord à Thiviers

Photo de Claude Fils ,tirée de l'Encyclopédie
Photo de Claude Fils ,tirée de l'Encyclopédie

Des traces anciennes de domestication des abeilles ont été trouvées puisque ne dit-on pas que Jupiter aurait été élevé au miel des abeilles du Mont Hymette ! Les auteurs grecs et latins nous en parlent aussi et ce bien avant l'ère chrétienne .

Nous retrouvons des traces de ruche au Moyen-Age et au vu de certains écrits ou peintures, elles étaient en paille .

Ensuite, au XVIIIè siècle, l'Encyclopédie spécifie aussi l'usage de la paille pour la construction de ruche . Elle précise qu'une ruche est "un panier à serrer et nourrir des abeilles à miel ".

Mais me direz-vous, les ruches n'existaient pas avant et l'homme récoltait le miel dans les arbres creux . Le système de la ruche proprement dite a beaucoup évolué depuis ce temps là.
L'homme a découvert une ruche dans un arbre creux et a recouvert le haut d'une pierre; il la fermait donc , se l'appropriait et l'exploitait .

Photo tirée du blog Igoir

Photo tirée du blog Igoir

C'était le sucre de l'époque et il apportait douceur aux desserts et boissons. Puis vint la découverte de l'Amérique qui amena la canne à sucre.
Beaucoup de familles avaient donc son 'bournat ' ou ruche à abeilles.Elles étaient simples à fabriquer: 4 planches et des liens tels que ronces ou paille seigle. Les liens de ronce étaient coupés l'hiver et ouverts en quatre car il ne fallait plus de sève à l'intérieur .
Un trou sur le devant permettait l'accès aux abeilles et notre ruche trouvait sa place sur une brique. Le dessus pouvait être recouvert d'une chape de seigle. Et pourquoi du seigle ??? Tout simplement parce que cette paille est plus longue et plus robuste que le blé.

Photo tirée de l'Encyclopédie

Photo tirée de l'Encyclopédie

Les ruches n'avaient pas de rehausses comme maintenant mais étaient de tailles différentes:

les plus grandes, qui devaient faire 27 cm sur 40/60 cm de haut accueillaient des essaims jusqu'à la mi- juin

les moyennes, jusqu'au 1er juillet

et les petites recevaient les derniers.

Les ruches n'étaient pas posées à terre, de crainte que les petits animaux tels que souris, crapauds n'y pénètrent. Elles étaient sur des bancs .

Pour éviter aussi que des vers y trouvent refuge, on les enduisait d'un mélange de bouse de vache avec de la cendre de lessive ou terre rouge. On passait ensuite l'intérieur à la flamme de paille . Dans le livre ' La sauvegarde des abeilles et les manoeuvres des ruches ', il est expliqué que parfois était passé d'abord une grosse brosse bien dure pour casser les gros bouts de paille et qu'ensuite la flamme finissait de brûler les petits résidus . Tout ceci était fait afin que les abeilles rentrant dans cette nouvelle ruche s'y trouvent bien et n'aient pas un travail de nettoyage à faire .

Bon, maintenant que nos bournats sont en place, les abeilles s'y sont installées, il faut ramasser le miel.C'étaient les femmes qui étaient chargées de cette tâche. Il était ramassé une fois par an, à la fin du printemps . il n'y avait pas de protection comme aujourd'hui donc les femmes , qui étaient deux pour cette extraction, enfumaient les abeilles. Ce superbe enfumoir de l'époque était constitué de 2 tuiles attachées ensemble. A l'intérieur, elles y mettaient du foin humide et y allumaient le feu . Une soufflait et l'autre extrayait la cire et le miel.

Ensuite venait la séparation pour ne garder que le miel. Les 2 femmes prenaient un torchon et y déposaient la cire et le miel retirés du bournat . Chacune à un bout de ce torchon, elles le tordaient , comme une presse et le miel coulait.

Et la cire restante était quant à elle utilisée pour cirer les meubles. On fabriquait également des cierges et d'autres produits et servait surtout pour l'éclairage

Etant donné que les bournats appartenaient aux métayers, la récolte leur appartenait également et intégralement.

Les abeilles ont été associées à beaucoup de croyances de tout temps et je vous en ferai part dans un autre article

http://lamotte.pagesperso-orange.fr/ecuras - L'Encyclopédie - 'La sauve-garde des abeilles, et les manoeuvres des ruches en hausses ' de M. de Cuinghein et Charles C. Miller

Photo tirée de l'ouvrage de Jean-René Mestre et Gaby Roussel "Ruches et Abeilles"

Photo tirée de l'ouvrage de Jean-René Mestre et Gaby Roussel "Ruches et Abeilles"

Photos prises à la Miellerie du Périgord à Thiviers

Photos prises à la Miellerie du Périgord à Thiviers

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Fromage aux truffes

Publié le par Nadina

Fromage aux truffes

C'est toujours la pleine saison des truffes alors autant en profiter encore un peu !

Choisissez un fromage doux de préférence au lait pasteurisé ( vache, chèvre ou brebis à votre convenance )

Coupez-le en 2 parties égales, horizontalement.

Coupez de fines tranches de truffe.


Disposez les lamelles au milieu du fromage.


Enveloppez celui-ci dans un film alimentaire et mettez au réfrigérateur 24h.

Il est prêt à déguster.

Recette donnée par 'Aux truffes du Périgord" Périgueux lors de la journée de la truffe à Ste Croix de Mareuil.

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La prison militaire de Nontron de 1940 à 1946

Publié le par Nadina

La prison militaire de Nontron - Collection Lapouge
La prison militaire de Nontron - Collection Lapouge

Aujourd'hui, en allant chercher vos enfants au 32, Boulevard Gambetta à Nontron, dites-vous que ces murs ont abrité bon nombre de prisonniers.

En effet, la prison de Nontron a été construite en 1855. Elle sera maison d'arrêt jusqu'en 1926.

Le 3 septembre 1939, c'est la mobilisation générale et qui dit guerre, dit prisonnier .

L'exode pénitentiaire est assez méconnu.

Périgueux, siège de la 12è région militaire dispose d'un tribunal militaire et les prévenus devant être jugés attendent dorénavant dans la prison de Nontron car celle-ci est devenue le siège de la prison militaire de Paris ( auparavant basée dans les Basses Pyrénées jusqu'au 6 novembre 1940) .

Elle restera prison militaire d'octobre 1940 à mars 1946 , pouvant accueillir 149 personnes, soit le chef d'établissement, un aide comptable, un greffier, 10 surveillants, 3 gardes de police, 14 surveillants auxiliaires et 119 détenus .

Ceux-ci sont principalement des détenus politiques, militaires insoumis ou réfractaires et des des droits communs.

36 détenus politiques ont été libérés le 10 juin 1944 , après une délibération et une négociation de 2 jours menée par Raymond Boucharel, chef de maquis AS auprès du Capitaine Pointeau, chef d'établissement .Ils laissèrent la place à des prisonniers allemands qui y restèrent du 2 août au 4 septembre .

Il y eut 3 prisons de ce genre en Dordogne : Mauzac, Bergerac et Nontron.

Pour ceux que ça intéresse, vous trouverez un article très intéressant écrit par Michel Bloch ( détenu politique ) qui relate sa vie en prison de 39 à 45, et notamment à la prison de Nontron :

http://www.laurentbloch.org/MySpip3/spip.php?article36.
Il se posait la question de savoir pourquoi certains détenus , tous communistes , n'étaient pas déportés ou exécutés . Probablement pour être des monnaies d'échange car certains d'entre eux sont devenus des membres importants, tels Léon Blum, Edouard Heriot ou encore Yves Peron , devenu député de la Dordogne.

En voici un autre, toujours sur Colette et Michel Bloch ( elle devint son épouse le 12 septembre 1945) :

http://www.vrid-memorial.com/afficher/rubrique/5/deportation/article/124/Michel-et-Colette-BLOCH.html

Un autre personnage y a séjourné : Léon Moussinac, ami d’Aragon . Il y arrivera le 28 octobre 1940 et y restera jusqu'à son jugement le 5 mai 1941.

Voici son récit sur : http://arkheia-revue.org/Leon-Moussinac-ami-d-Aragon.html .

Yves Peron adressa une lettre au chef d'établissement le 12 février 1944 dans laquelle il relate les relations entre communistes et trotskistes au sein de la prison :

http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-hommes/yves-peron-et-les-trotskistes-de-la-prison-militaire-de-nontron-en-1944-15807

Détenus travaillant sur le toit de la prison de Nontron - Collection Alain Guigne

Détenus travaillant sur le toit de la prison de Nontron - Collection Alain Guigne

Photo Jacky Tronel
Photo Jacky Tronel

Cette prison militaire, après avoir failli être transformé en gendarmerie, va finalement donné le jour à une école primaire en 1951.

Photo Jacky Tronel

Photo Jacky Tronel

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Le boisseau

Publié le par Nadina

Sous les Halles de Monpazier
Sous les Halles de Monpazier

Autrefois, on pesait peu de choses, par contre, on mesurait.

Et on mesurait avec quoi .... le creux de la main .

En effet, le mot 'boisseau' est dérivé de 'boisse', qui signifie en bas-latin 'bostia' et en gaulois 'bosta' qui veut dire 'le creux de la main !

L'unité de mesure était donc le boisseau qui, cependant, n'a pas la même mesure, que l'on soit à Paris ou à Bordeaux .

Cette mesure était couramment utilisée pour les pommes de terre, les noix, le sel et même le charbon mais le plus souvent pour les grains .

Pour les matières sèches , le boisseau de Paris mesurait environ 16 litrons, soit 13 litres

mais celui de Bordeaux était nettement supérieur puisqu'il mesurait 78.808 litres exactement

et celui de Saint Brieuc, 33.86 litres.

Pour les mesures liquides, le boisseau équivalait à 13.010 litres mais en Bourgogne , il arrivait à 20.920 litres.

L’étalonnage des différents boisseaux était fait par rapport à la livre, unité de poids . Les années se suivant mais ne se ressemblant pas, les grains pouvaient être secs ou humides et cela n'était pas pris en compte et d'une année à l'autre la contenance pouvait donc varier.

Il existait deux façons de remplir la mesure:

- Le boisseau était rempli à ras bord: c'était la mesure rase,

- ou il était tassé et recomplété par un cône de grains. C'était alors une mesure comble.

La réunion de plusieurs boisseaux formait ensuite une série d'autres mesures comme le setier, le muid.

Le minot valait 3 boisseaux et la mine 6, le sétier 12 .

Le muid, lui correspondait à 12 sétiers de 12 boisseaux, soit 144 boisseaux

Selon ces mesures, chaque muid contient 12 setiers, ou 24 mines, ou 48 minots, ou 144 boisseaux. Mais ce ratio, qui est exact pour Paris et pour les mesures de chaux, blé, orge, fèves, lentilles et autres similaires, ne vaut pas pour certaines denrées. Ainsi le minot d'avoine contient 6 boisseaux (soit 288 boisseaux par muid), et celui de sel en contient 4 (soit 192 boisseaux par muid). Le muid de plâtre ne contient que 72 boisseaux (cette denrée se mesure en "sacs", avec 36 sacs de 2 boisseaux chacun par muid).

Le boisseau peut aussi se diviser en demi, quart et demi-quart .

Le Seigneur exerçait son droit, dit de minage ou écuellée sur les mesures des grains et du vin notamment, denrées vendues aux marchés . Suspendu par Turgot en 1775, ce droit n'avait pas toutefois disparu complètement pendant la Révolution .

Source : http://olivier.rocher.free.fr - http://www.templiers.net - http://www.genefourneau.com/mesures.html - http://racineshistoire.free.fr/

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