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Charles Mangold, résistant alsacien périgourdin ....

Publié le par Nadina

   

Ceci fait un peu suite au dernier article : la Dordogne et l'Alsace en 1939.

Charles Mangold  est né le 22 août 1891 à Ostawald au sud de Strasbourg.

 C'est un alsacien francophile et à 23 ans, en 1914, il refuse son incorporation dans l'armée allemande . Il fuit et tente et  essaie de s'engager dans l'armée française. Mais c'est impossible pour un allemand  ! Soit, il s'engage alors dans la Légion Etrangère et est envoyé en Algérie avant de rejoindre Verdun .
Pendant cette 1ère guerre mondiale, il est blessé 6 fois .

A la fin de la guerre, il entre au Ministère des Affaires Etrangères.

1939 arrive et comme tous les alsaciens, il est évacué et vers Périgueux puisque fonctionnaire . Il y fonde le Groupe d'Entraide des Réfugiés d'Alsace.

En 1942, il entre dans la Résistance sous le pseudo de Vernois ou Brossard et rejoint le groupe Roland . Il devient le chef du secteur centre de l'AS Dordogne .

Mais il est vite repéré par les nazis et entre dans la clandestinité en 43. 

Il n'a peur de rien et continue son combat et le 5 août 44, devient le chef des FFI. Mais bien peu de temps car il est arrêté par la Gastapo le 7 août 44 à Razac sur l'Isle sur dénonciation!

Amené au 35è RA à Périgueux, il est torturé  et  essaie de se suicider avec des bouts de boîtes de conserve . Ses gardes s'en aperçoivent et le réanime pour .... le sortir et le fusiller devant le mur du Quartier Daumesnil le 12 août .

 

Mais le pire, c'est que Périgueux a été libéré une semaine plus tard ...

Périgueux l'a honoré en donnant son nom à une de ses rues .

 

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La Dordogne et l'Alsace en 1939

Publié le par Nadina

Plaque-mairie-Strasbourg.jpg

 

Il faut trouver le lien entre ces 2 départements effectivement !!

Il est très simple et je vais partir du début .

Imaginez-vous le 1er septembre 1939 : La Pologne vient d'être envahie par les troupes nazies et une déclaration de guerre est faire au chancelier Hitler.
Les affiches pour la mobilisation générale sont collées partout !!

Mais il est une population entre la frontière allemande et la ligne Maginot, sur une bande de 20 kms qui vient de recevoir des ordres d'évacuation, ceci afin de la préserver d'une invasion allemande. Cette décision avait été prise en 1938 mais tenue secrète.

  carte_evacuation-Alsace.jpg

Évacuation de l'Alsace-Moselle en septembre 1939
Carte Matthieu Hilbert, 2005

Coll. L'Ami Hebdo

 

Vous allez me dire : ben oui mais que vient faire la Dordogne dans tout ça ???

Les Haut-Rhinois devaient se rendre dans les départements du Gers, des Landes et du Lot-et-Garonne et les Bas-Rhinois, de la Dordogne, l’Indre et la Haute-Vienne .

Et bien, tous ces départements possédaient de grands espaces, des grands immeubles et de belles fermes !

Et c'est ainsi que notre belle Dordogne est devenue terre d'accueil pour les Strasbourgeois et quelques 19 villages du Grand Ried.

Et le 2 septembre 1939, les réfugiés prirent la route avec seulement 30kg autorisé, laissant leurs maisons, leurs cultures, leurs bêtes et partant pour l'inconnu. Le voyage s'est fait dans de très mauvaises conditions, pour certains dans des wagons à bestiaux ( certains se rappellent " 40 hommes et 8 chevaux" placardés sur ces wagons ), pour d'autres à pied, en vélo ou encore en charrettes!

Il fut cependant difficile pour eux de s'adapter car leur vie en Alsace était relativement cossue et leur arrivée  dans ces habitations pour la plupart en ruines et inhabitables provoqua des émeutes .

La vie en campagne est complétement différente . Les bêtes vivent dehors ici et là-bas, elles sont en étable . La cuisine, non plus , n'est pas la même. une tarte à l'oignon d'un côté pour une soupe de carcasse de l'autre!

Les Alsaciens  parlent un dialecte, et les Périgordins les rapprochent des 'boches '. Et ils furent surnommés les 'yaya' !

La population de Périgueux, alors de 20 000 habitants , se vit presque doublée. Ces hommes et ces femmes, possédaient de l'argent, recevaient des allocations, tout au moins au début, et dépensaient donc dans les commerces périgourdins .

 

L'administration aussi fut ramenée à Périgueux mais faute de bureaux décents, fut répartie dans tout le département .
Thiviers, Brantôme et autres petites villes ont vu fleurir les bureaux de l'administration municipale .

A cette époque, un bébé strasbourgeois naissait par jour à Périgueux . L'hopîtal de Strasbourg était même venu s'implanter à Clairvivre. 

A l'armistice, le 22 juin 1940, les rapatriés eurent le cruel dilemne du retour au pays ou non. 

'L’armistice du 22 juin 1940 est une convention signée entre le représentant du 3è Reich allemand et celui du gouvernement français de Pétain. Elle permettait de mettre fin aux hostilités ouvertes par la déclaration de guerre du 3 septembre 1939 et d'établir les conditions de l'occupation allemande de la France, le sort des personnes capturées, déplacées ou occupées, la neutralisation des forces françaises, et le paiement de compensations économiques à l'Allemagne'.Wikipédia

La ligne de démarcation est le résultat de cette convention séparant ainsi la France en 2, la zone occupée par l'armée allemande et la zone 'libre'. 

Certains rentrèrent à Strasbourg, non convaincus de leur nouvelle vie . Un certain nombre restèrent ( à peu près 20%) et s'implantèrent en Dordogne.

 Pour ceux qui choisirent de rentrer, ils trouvèrent un Strasbourg désertique et pavoisé de drapeaux nazis et les subirent encore 4 ans. Ils durent saluer la croix allemande et c'est à cette époque aussi que naquirent les "malgré-nous", ceux qui furent enrolés de force dans l'armée allemande.  

 Des suites de cet événement historique, qui a profondément marqué les populations des deux villes, naît un protocole, celui des « villes sœurs », signé en 1984 entre les deux cités.

La plaque en début d'article est  visible au 2 de la rue Voltaire à Périgueux.

Je n'ai pu trouver et lire que des passages  mais je pense que ces écrits reflètent vraiment ce qu'il a vécu à cette période : Fernand Klethi, Mon enfance en Alsace annexée.

Je vous donne aussi 2 sites que j'ai trouvé très intéressants :

- Mémoires de  Charles Altorffer : ' Au service des réfugiés alsaciens dans le sud-ouest (1939/1945)':

 http://judaisme.sdv.fr/perso/philosem/altorf

- http://archives.strasbourg.fr/expoEVAC_001011.pdf

 

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La Charrette Gourmande ou les saveurs paysannes - Produits et repas de producteurs en Dordogne

Publié le par Nadina

L'été arrive avec ses marchés de producteurs et qu'il est donc agréable de se poser et retrouver le goût de tous ces aliments par un beau soir encore tout ensoleillé !!

L-amour-de-l-authentique.jpg

 

Les producteurs que je vous présente aujourd'hui se sont regroupés en association ' La Charrette Gourmande', créée le 1er octobre 2009 .

 

La-Charrette-Gourmande-est-dirigee-par---jpg

Ils prônent la qualité, le naturel et vous font partager leurs produits tout au long de l'été sur divers marchés ou manifestations .

Non seulement, vous pourrez déguster leurs produits mais ils proposent des repas à 13,50 euros et croyez-moi, vous n'aurez plus faim en repartant !!

DSCN2550.JPG 

 

C'est le repas de début de saison car le choix est un peu plus important en été ! Plus de fruits et légumes, de l'agneau ...

Pour vous donner une idée, sur ce menu, vous avez :

- Rillettes de canard et terrine de lapin,

- Pâtes aux truffes,

- Lapin et canard,

- Fromage,

- Une pâtisserie au choix.

Le tout arrosé d'un petit Bergerac rouge ou rosé et .... mummmm !!!

 

 

 

 

Ces producteurs ont aussi repris une boutique à Condat sur Trincou, la SEP GOURMANDE. Jean-Claude Mazouaud l'avait créée il y a 10 ans. Aujourd'hui, 4 de ces producteurs en reprennent la gestion :

- Ph. Couloumy avec les lapins,

- B. Labrue, éleveur de moutons et canards,

- S. Farges, maraîcher,

- A. Queyral, viticulteur.

Cette boutique est ouverte tous les jours de 9h à 12h30 et de 15h à 19h sauf le dimanche.Voici un téléphone : 07.71.02.19.46.

 

 

Des viandes produites localement, des fruits et légumes de saison cotoient les fromages, confitures, bière, vin, conserves et glace...

Affiche-ferme-Condat.jpg

Pour vous y rendre, il faut prendre la D78, de Brantôme à St Jean de Côle/ Thiviers. A Valade, prenez la route en face de la fabrique de gâteau ' Martine et vous arriverez à la boutique .

 

Je reviens donc à mes producteurs de la Charrette . Qui allons-nous y trouver?

Et bien, vous avez vu le président, Pierre Labrue, éleveur de moutons et canards

DSCN2553 qui est aux fourneaux

pendant que sa femme s'occupe du stand

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puis Monique et Alain Queyral, producteurs de Bergerac rouge et rosé,

 

DSCN2533  

 sous l'appellation Chateau Colin-Madrigal,

 

puis notre éleveur de lapins, Philippe Couloumy,

DSCN2542                   DSCN2543

Ses conserves de lapins ( à la moutarde à l'ancienne, confit...) sont excellentes,

près de lui , Muriel qui nous fait des petites pâtisseries avec les fruits de son verger !

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et oui encore des petits coeurs !!

 

 

 

Puis Narcisse et ses truffes et les produits dérivés des noix,

DSCN2547    DSCN2549

 

un fabricant de bière les accompagnant occasionnellement,

DSCN2551.JPG

et un maraîcher .

 

Cet été, vous allez pouvoir les retrouver aux alentours de Brantôme.

 

Mareuil et Puyrénier au nord ouest

 

Carte alentours Brantome 

 

 

Au NE de Brantôme : Champagnac de Bélair

A l'est, La Chapelle Faucher

Au SE: Eyvirat et Puychautu.

 

 

Et voici les dates des manifestations où sera présente La Charrette Gourmande :

- les mardi 9 et 23 juillet, 20 août, le soir , à Champagnac de Bélair,

- les 6 et 7 juillet, à l'occasion du Festibroc de Brantôme, La Charrette Gourmande sera là aussi, 

- les vendredi 12 juillet et 23 août, le soir,"Aux culs des vaches" à Puyrénier : repas organisé dans d'anciennes étables
  d'où le nom ...

- le 14 juillet : " Chez Narcisse" à Mareuil,

- les vendredi 19 juillet , 2 août, 16 et 30 août,le soir, à Brantôme ou vous pourrez assister également à des joutes nautiques,

Brantôme (2)

- le 21 juillet : "Fête des voisins" à Puychautu,

- les 27 et 28 juillet : "Le festival gastronomique" à La Chapelle Faucher ( avec la participation d'autres artisans et producteurs),

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- le dimanche 4 août à Brantôme : organisé par la ville de Brantôme, manifestation avec d'autres producteurs et défilé à
   l'ancienne,

- le 10 août, à la Fête du Couteau de Nontron

- le 11 août, à la Fête de la Rosière à Eyvirat,

- le 14 août, à St Astier,

- le 15 août, à Coulaures,

- les 14 et 15 septembre à Brantôme et à Villars - Les repas ne seront servis qu'à Villars, midi et soir. 

 

Donc vous voilà avisés de leurs déplacements et  venez tout simplement goûter et écouter leur simplicité !!

 

La-charrette-gourmande.jpg

 

 

 

 

 

 

 

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Le vieux métier de cordier ou la vie d'une corderie artisanale à Thiviers

Publié le par Nadina

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Et dire que j'ai passé tant d'années aussi près sans en soupçonner l'existence !!! Grâce à Anne, j'ai pu rencontrer Anita qui a repris l'atelier de M. Maneix depuis 2012.

Et Anita fabrique des cordes . Sur le coup, je ne pensais certes pas trouver autant de ficelles et de cordages, de toute texture, de toute couleur ...

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Le métier de cordier remonte au moins au moyen-âge puisque des traces de leur corporation ont été retrouvées en 1394.

 

 

Les premiers utilisateurs ont été les marins ce qui explique la présence de corderies près des côtes. En 1672, la Corderie Royale de Rochefort est édifiée sous l'impulsion de Colbert.

 

 

DSCN0637  Les cordages de l'Hermione à Rochefort

   

La corderie Artisanale de Thiviers a vu le jour grâce au frères Casteix au début du siècle dernier  . M. Maneix leur a succédé et maintenant c'est Anita Bocquier, suite à un coup de coeur, qui a relevé le défi de continuer à la faire vivre .

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 Beaucoup de cordiers travaillaient dans leur village car les agriculteurs étaient et sont très demandeurs de cordes. Ils en ont besoin pour les bêtes, pour limiter les champs ou encore de ficelles pour les bottes de blé .

 

L'usage de corde ne s'arrête cependant pas là ! Les bateaux, les balançoires, les poignées des cercueils destinés à la crémation n'en sont qu'un petit exemple. Vous utilisez certainement de la ficelle aussi en cuisine ! Mais aussi des sangles, des longes, des câbles  ...

 

 

 

 

Donc, passez aux choses un peu plus techniques !

Les matériaux les plus utilisés sont le chanvre, le sisal, le lin, le tilleul et le crin. Ici, Anita emploie du chanvre, du sisal et du polypropylène.

L'installation consiste en une plaque pourvue de 4 crochets ici, des rateaux et un seul crochet à l'autre extrémité . Il faut tout d'abord faire une boucle sur un des crochets et c'est parti : Anita part à l'autre bout faire passer le fil puis revient passer sur un autre crochet et ainsi de suite . Dans le temps, la torsion des fils était obtenue grâce à une manivelle actionnée au niveau des 4 crochets.Aujourd'hui, cette manipulation est électrique .

 

 

DSCN8720  Les 4 crochets

 

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Le principe est de produire un toron c'est-à-dire la réunion de plusieurs fils par torsion puis plusieurs torons pour obtenir une corde (en principe 3 ou 4 pour une corde courante).

 

DSCN8739  Ici 3 torons

L'atelier doit être de bonne longueur pour fabriquer des cordes plus ou moins longues . Il ressemble à un grand couloir et à la corderie Bocquier, Anita parcourt parfois en vélo toute sa longueur soit 130 m . Nul besoin de dire que certains jours, les 15 kms sont fait !!

 

 

 

Anita positionne un toupin sur les fils, sorte d'appareil en bois et disposant de  4 rainures. Et là est tout l'art du métier et la première corde s'est formée sans que j'ai pu voir quelque chose, vu la rapidité !!

 

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Le toupin

Une fois les paires de fils torsadés, Anita avance avec le toupin jusqu'à la plaque des 4 crochets  

DSCN8725  et voilà la résultat!

 

Bon et bien, la corde faite, il faut arrêter tout ça  sous peine de la voir  se dénouer . Anita rassemble donc tous les torons sur un seul crochet et nous sort un autre appareil, un épissoir, sorte de gouge qui va lui perrmettre de passer les fils les uns après les autres, de les rentrer et ce, entre 3 et 5 fois suivant l'usage demandé. 

 

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Pour bloquer définitivement la corde ensuite, elle la cautérise en la coupant.

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DSCN8747

 

 

 

 

Un autre petit détail : pour les grands cordages, les 130m ne sont pas de trop car il y a un petite perte. Pour avoir une corde de 10m, elle prend 15m de fil et forcément pour 100m de corde, les 130m sont là! 

 

 

DSCN8749 Anita prépare une autre corde, de plus grande longueur cette fois-ci  et utilise donc une partie de son 'couloir' . 

DSCN8750  Les fils passent dans le rateau, ce qui évite de les mélanger 

 

 

 

Le toupin mis en place et c'est partiDSCN8754

 La vitesse avec laquelle Anita passe avec le toupin donne le serrage de la corde: plus elle va vite, plus la corde est lâche et plus elle va lentement, plus la corde est très serrée.

 

De plus, sur ces grandes longueurs, la corde une fois fabriquée n'est pas immédiatement enroulée mais laissée un peu de côté et attachée sur les crochets pour qu'elle "boive le tors" cest-à-dire qu'elle accepte cette torsion. 

 

 

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Pour fabriquer un rouleau de 100m de ce type, il faut 20mn.  

 

 

Mais passons maintenant à une autre utilisation des cordes.
Et c'est là que je vous présente Anne et voici le résultat de ces travaux:

corbeille bien trois quart 

 

 Et oui, des corbeilles et Anne en garde jalousement le secret . Elle habille la corde de tissu , coud, modèle et a même détourné les porte-clés d'Anita pour en faire des poignées . Il fallait y penser !!!

Allez donc jeter un oeil sur son site ( dans les liens ) et vous découvrirez son monde de corbeilles .... et aussi de littérature et tant qu'à faire sur l'Inde car Anne y a fait plusieurs séjours .

Je vous donne les coordonnées de la corderie  :

Corderie artisanale BOCQUIER Anita-1.jpg

Anita BOCQUIER

5, rue Edmond Michelet 24800 THIVIERS

05 53 55 29 96 ou 06 15 27 86 32

corderie.bocquier@sfr.fr

 et un lien dans la rubrique du même nom 

 

 

 

 

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